Crédit photos: Gael Dupont-Langevin
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Une création extraordinaire de la « reine du tricot », Francine Vandelac, fait son entrée au Moulin à laine d’Ulverton.

Le musée du Moulin a le bonheur d’accueillir cette somptueuse cape de laine, dont l’histoire remonte à plus de cinq décennies.

Le parcours qui a mené cette création jusqu’au Moulin a commencé par un coup de fil de Francine Vandelac à M. Champagne. Elle voulait savoir s’il était intéressé à accueillir cette pièce unique.
Lorsque le directeur général par intérim a accepté, Mme Vandelac lui a dit que cette cape « reviendrait à la maison », puisque le rembourrage de la cape est confectionné avec de la laine cardée, faite avec les machines du moulin à laine d’Ulverton.

En discutant avec elle, M. Champagne a décidé d’organiser une exposition de son œuvre d’art, une expression qu’adore le directeur du Moulin à laine d’Ulverton.

« Ça démontre qu’avec l’expertise, on est capable de faire de grandes choses avec des matériaux de base comme la laine et que c’est important de le faire encore aujourd’hui », ajoute-t-il.

Ce vêtement hors du commun a su éblouir les journalistes, la mairesse d’Ulverton, des députés et des candidats à la députation, ainsi que des représentants du gouvernement fédéral – en plus d’une vingtaine de visiteurs lors du dévoilement de cette cape, le 1er août dernier.

«Quand j’ai vu la cape, le seul mot qui m’est venu, c’est «wow» et c’est aussi le mot que j’entends le plus souvent quand les autres la voient », mentionne M. Champagne.

La cape de laine est maintenant accessible aux visiteurs du moulin au sein de la visite guidée.

« Ça va devenir une pièce maîtresse », ajoute le directeur du Moulin à laine d’Ulverton,

Une véritable pionnière

Mme Vandelac était présente lors du dévoilement. Selon M. Champagne, personne n’était mieux placé pour raconter l’histoire de cette pièce et expliquer la renommée qui l’accompagne.
Pionnière de la mode québécoise et spécialisée dans le tricot et la maille, Francine Vandelac travaille depuis plusieurs décennies avec des matières comme la laine, en cherchant toujours à mettre en valeur les ressources et le savoir-faire d’ici.

Elle commence sa carrière dans les années 1960 en ouvrant une boutique. Quelques années plus tard, elle choisit de fermer son commerce afin d’élargir ses horizons et de faire connaître ses créations à travers le Canada et les États-Unis.

Mme Vandelac deviendra l’une des premières designers québécoises à présenter ses créations dans une vitrine de la prestigieuse 5e Avenue à New York, ainsi que dans les vitrines de Holt Renfrew à Montréal.
À une époque où peu de créateurs québécois, et encore moins de femmes, avaient cette visibilité, elle contribue à faire connaître le talent d’ici à l’extérieur du Québec.

Ses créations se font remarquer au Québec comme aux États-Unis par leur caractère unique, à la fois artisanal et inspiré par le folklore québécois. Tout au long de sa carrière, elle cherche à valoriser les matières, les artisans et les produits d’ici, en démontrant qu’il est possible de créer une mode contemporaine profondément ancrée dans notre patrimoine.

La cape de laine a une histoire «olé olé» selon ce qu’a révélé la designer et entrepreneure, dans une entrevue pour CIAX. Celle qu’on peut observer durant toute la saison estivale n’est pas à sa première version.

La cape originale, en coton, a été créée en 1974.Elle était portée sur une robe tricotée en mohair gris perle de 1973.

Des décennies plus tard, Francine Vandelac a recréé cette pièce pour l’exposition : «Totalement maille », présentée en 2014 au musée du Costume et du textile du Québec.

Cette nouvelle version, celle qui est exposée au Moulin à laine, a ensuite poursuivi son parcours dans différents événements.

Elle a notamment été présentée lors de l’exposition : «Tricoté serré : Parcours d’une vie entremaillée », une rétrospective consacrée au parcours de Francine Vandelac, au Centre d’art Diane-Dufresne en 2022-2023, puis dans le cadre de l’exposition Laine. De la fibre au bal, au Complexe Desjardins en 2024. Elle a également été présentée à la première édition du Bal de Laine, tenue au Musée McCord Stewart en novembre 2024. (Mélange de journal de Montréal et ton entrevue)

«Elle va venir se reposer ici au Moulin à laine d’Ulverton », a déclaré a grande dame de la maille.
Pour Michael Champagne, recevoir la cape permet au joyau patrimonial de «rayonner encore plus, grâce au prestige que la cape a déjà.

« Ça prend énormément de talent et de créativité pour avoir juste pensé imaginer la cape, puis, après ça, être capable de la faire, c’est incroyable. Surtout que, malheureusement, souvent, les femmes ne sont pas assez reconnues pour ce qu’elles ont apporté à la société, anciennement et même aujourd’hui. Quand on a l’occasion de les mettre de l’avant, comme dans le cas de cette pionnière de la mode québécoise et du monde des affaires, je pense que c’est important de le faire », confie-t-il.

 

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